Voir et faire en Corse

QUE VOIR ET QUE FAIRE EN CORSE ?


Des calanques de Piana aux vasques turquoise du canyoning : l'île aux mille découvertes

Une île, mille visages


Voir et faire en Corse — paysage côtier

La Corse tient dans un rectangle de 183 kilomètres sur 83, mais elle concentre sur cette surface réduite une diversité de paysages que des pays entiers lui envieraient : des sommets à plus de 2 700 mètres, des forêts de pins qui n'existent nulle part ailleurs, des falaises de calcaire blanc, des aiguilles de granit rouge, des plages de sable fin et des criques de galets, des lacs de montagne, des gorges profondes et mille kilomètres de côtes découpées. Tout est accessible en une journée de route depuis n'importe quel point de l'île — et c'est justement ce qui rend le choix si difficile.

Cette page vous aide à trancher. Elle sépare ce qu'il faut voir — les sites, les paysages, le patrimoine — de ce qu'il faut faire — les activités, les sports, les expériences. Avec, pour chaque rubrique, les lieux concrets, les accès et les conseils pratiques.


VOIR — Les sites et paysages de la Corse

Les sites classés au patrimoine mondial de l'UNESCO


Les calanques de Piana en Corse

Trois sites corses figurent au patrimoine mondial, et ils se trouvent tous sur la côte ouest, entre Porto et Piana. La réserve naturelle de Scandola est un sanctuaire marin et terrestre de 1 900 hectares, accessible uniquement par bateau : les falaises de porphyre rouge plongent dans une eau d'un bleu profond, les grottes marines s'ouvrent comme des cathédrales naturelles, et les balbuzards pêcheurs tournoient au-dessus des mérous. Les excursions partent de Calvi, Porto ou Galeria, pour 50 à 75 € par personne à la journée.

Les calanques de Piana, juste au sud, sont un chaos de granit rose sculpté par l'érosion, que l'on découvre depuis la route D81 — l'un des plus beaux tronçons routiers de France — ou depuis la mer par les mêmes bateaux. Le golfe de Porto, qui les relie à Scandola, complète le triptyque. L'ensemble forme un paysage sans équivalent en Méditerranée.

Bonifacio et ses falaises


Bonifacio est la ville la plus spectaculaire de Corse, et l'une des plus photographiées de Méditerranée. La citadelle génoise est perchée sur des falaises de calcaire blanc qui tombent à pic dans la mer, soixante-dix mètres plus bas. Les maisons les plus anciennes surplombent le vide, soutenues par des arcs-boutants qui semblent défier la gravité. L'escalier du roi d'Aragon, taillé dans la falaise — 187 marches presque verticales — descend jusqu'au niveau de la mer.

Depuis le port, les promenades en bateau permettent de voir les falaises depuis la mer, d'entrer dans les grottes marines et de rejoindre les îles Lavezzi, archipel de granit rose aux eaux cristallines, entre Corse et Sardaigne. C'est l'une des excursions les plus populaires de l'île — réservez en saison.

Les plages


Plage de Palombaggia en Corse

La Corse compte des centaines de plages, et les goûts varient. Au sud-est, Palombaggia et ses pins parasols sur le sable clair, Santa Giulia et son lagon aux fonds transparents, la Rondinara enfermée dans une conque presque circulaire : ce sont les plages les plus connues, les plus photographiées — et les plus fréquentées en été.

Pour ceux qui cherchent le sauvage, le désert des Agriates cache les plages de Saleccia et du Lotu, accessibles uniquement par bateau depuis Saint-Florent ou par piste en 4×4. Sur la côte ouest, les plages de Cupabia et de Campomoro restent préservées. Et au nord, la longue plage de l'Ostriconi ferme la Balagne dans un cadre de dunes et de maquis. Conseil : les plus belles plages sont aussi les plus petites. Arrivez tôt le matin ou venez en septembre.

Les montagnes


La Corse est une montagne dans la mer — son altitude moyenne de 568 mètres est la plus élevée des îles de Méditerranée. Le Monte Cinto culmine à 2 706 mètres, et une vingtaine de sommets dépassent les 2 000 mètres. La neige reste sur les crêtes jusqu'en juin, parfois juillet.

Les aiguilles de Bavella, dans le sud, forment un décor de tours de granit rouge que l'on atteint par le col à 1 218 mètres — la route depuis Porto-Vecchio ou Solenzara est un spectacle en soi. Les lacs de montagne ponctuent les hautes vallées : le lac de Nino et ses pozzines, tapis de mousse spongieux uniques en Corse ; le lac de Creno, seul lac boisé de l'île, entouré de pins laricio ; le lac de Melo, au pied du Monte Rotondo, que l'on atteint en deux heures de marche depuis Corte. Et les forêts de Vizzavona et d'Aïtone abritent des pins laricio centenaires, hauts de cinquante mètres, qui n'existent nulle part ailleurs qu'en Corse.

Le Cap Corse


La presqu'île du Cap Corse s'avance sur quarante kilomètres au nord de Bastia, étroite et sauvage, bordée de tours génoises et de villages accrochés à la pente. On en fait le tour en une journée par la route côtière — cent vingt kilomètres de virages, de marines et de panoramas. Chaque village mérite un arrêt : Erbalunga et son petit port, Nonza et sa plage de galets noirs dominée par une tour, Centuri et ses barques de pêcheurs, Macinaggio et le sentier des douaniers qui mène aux îles Finocchiarola.

Le Cap Corse est aussi le berceau du muscat, ce vin doux que l'on déguste dans les caves de Patrimonio et de Rogliano. Et depuis la pointe nord, par temps clair, on aperçoit l'île d'Elbe et la côte toscane.

Les villages perchés


Village perché de Sant'Antonino en Balagne

La Corse intérieure se découvre par ses villages. En Balagne, Sant'Antonino, classé parmi les plus beaux villages de France, s'accroche à son piton de granit à 500 mètres d'altitude ; Pigna, village d'artisans et de musiciens, a été restauré pierre par pierre ; Speloncato domine la plaine depuis ses ruelles en escalier. En Alta Rocca, Sainte-Lucie-de-Tallano et Levie ouvrent sur la montagne corse la plus authentique. En Castagniccia, les villages se cachent sous les châtaigniers centenaires — c'est la région la moins fréquentée et la plus dépaysante.

Ces villages ne sont pas des musées : on y trouve des cafés, des épiceries, des chambres d'hôtes, et souvent un four à pain communal qui fonctionne encore. La Corse de l'intérieur est celle que la plupart des visiteurs ne voient pas — et c'est dommage.

Le patrimoine bâti


L'histoire de la Corse s'écrit dans la pierre. Les tours génoises — soixante-sept sont encore debout sur le littoral — jalonnent la côte depuis le XVIᵉ siècle : elles servaient à guetter les navires barbaresques. La plus célèbre, celle de la Parata face aux îles Sanguinaires près d'Ajaccio, est devenue l'image emblématique de la Corse. Les ponts génois, en dos d'âne, enjambent les torrents dans l'arrière-pays — celui de Spin'a Cavallu près de Sartène et celui de Pianella dans les gorges de la Spelunca sont les plus photographiés.

Les citadelles de Calvi, Corte et Bonifacio dominent leurs villes respectives, chacune racontant un pan différent de l'histoire insulaire — génoise à Calvi, paoliste à Corte, aragonaise et génoise à Bonifacio. Et la maison Bonaparte à Ajaccio, où naquit Napoléon le 15 août 1769, se visite toute l'année.


FAIRE — Les activités en Corse

Randonnée


La Corse est un paradis de la randonnée. Le GR20, qui traverse l'île du nord au sud en seize étapes, est considéré comme le plus difficile sentier de grande randonnée d'Europe — et le plus beau. Mais la Corse ne se résume pas au GR20 : les sentiers Mare a Mare traversent l'île d'ouest en est en cinq à sept jours, les Mare e Monti alternent mer et montagne, et des dizaines de randonnées à la journée mènent à des cascades, des lacs de montagne ou des crêtes panoramiques.

Parmi les classiques : les cascades de Purcaraccia (piscines naturelles turquoise au pied de Bavella), le lac de Melo depuis la bergerie de Grotelle au-dessus de Corte, le sentier des douaniers au Cap Corse (Macinaggio-Barcaggio), et la montée au capu di a Veta au-dessus de Calvi pour un panorama à 360 degrés. En été, partez tôt : la chaleur est forte dès la mi-journée, et l'eau est indispensable.

Sports nautiques


Avec mille kilomètres de côtes et une eau parmi les plus claires de Méditerranée, la Corse est un terrain de jeu exceptionnel pour les activités nautiques. La plongée sous-marine y est remarquable : les fonds regorgent de mérous, de corbs et de coraux, et plusieurs épaves de la Seconde Guerre mondiale se visitent — le cargo B17 au large de Cervioni, posé à 33 mètres sur du sable, et le pétrolier Alcione près de Sagone. Les centres de plongée sont présents dans tous les ports.

Le kayak de mer permet d'explorer les criques inaccessibles par la route, notamment entre Campomoro et Tizzano ou le long de la réserve de Scandola. Le paddle se pratique partout, le jet-ski est proposé dans les stations balnéaires, et la voile — croisière ou catamaran — offre la plus belle façon de longer la côte ouest. Pour les débutants, des baptêmes de plongée à six mètres sont proposés dès 40 €.

Canyoning et via ferrata


Canyoning dans les gorges en Corse

La montagne corse est parcourue de torrents qui ont creusé des gorges profondes — un terrain idéal pour le canyoning. Les plus beaux canyons sont dans le sud : la Purcaraccia et ses toboggans naturels au pied de Bavella, la Vacca considérée comme l'une des plus belles rivières de l'île, le Verghellu entre Ajaccio et Corte avec ses vasques turquoise. Dans le nord, les gorges de la Richiusa près de Bocognano offrent un parcours technique et spectaculaire.

La via ferrata permet de grimper sur des parois rocheuses sécurisées par des câbles et des échelles. Celle d'Asco, dans la haute vallée, est la plus connue ; celle de Tizzarella (Albertacce) surplombe la vallée du Niolo ; et celle du Baracci à Propriano domine le golfe du Valinco. Ces activités sont encadrées par des guides diplômés — comptez 40 à 70 € par personne pour une demi-journée.

En l'air


Le parapente est la façon la plus spectaculaire de découvrir la Corse vue du ciel. Les sites de vol se trouvent au-dessus du golfe du Valinco (Propriano), dans la vallée de la Gravona près d'Ajaccio, et au col de Bavella. Un vol biplace en tandem avec un moniteur dure une vingtaine de minutes et coûte entre 70 et 110 €. Les tyroliennes géantes se pratiquent dans les parcs aventure — celle du Baracci à Propriano enchaîne dix tyroliennes au-dessus de la forêt.

Pour les plus audacieux, le saut en parachute est proposé en tandem au-dessus de la côte est, entre Ghisonaccia et Solenzara : cinquante secondes de chute libre à 200 km/h avec la mer d'un côté et les montagnes de l'autre. Et l'accrobranche, présente dans plusieurs forêts de l'île, occupe les familles pour une demi-journée.

Gastronomie et terroir


La Corse ne se visite pas seulement avec les yeux — elle se goûte. Le brocciu, fromage frais de brebis ou de chèvre, est l'ingrédient roi de la cuisine corse : on le retrouve dans les omelettes, les beignets, le fiadone (gâteau au citron) et les cannelloni au brocciu. La charcuterie — figatellu, lonzu, coppa, prisuttu — est fumée au bois de châtaignier et affinée pendant des mois dans les caves de montagne.

Les marchés sont le meilleur endroit pour découvrir ces produits : Ajaccio (place Foch, tous les matins), Bastia (place de l'Hôtel-de-Ville), L'Île-Rousse (marché couvert aux vingt et une colonnes). Les vignobles corses, neuf AOP, produisent des vins de caractère — le patrimonio, le figari, l'ajaccio — que l'on déguste dans les caves du Cap Corse, de Sartène ou de Calvi. Et les foires ponctuent la vie rurale : foire du fromage à Venaco (mai), foire de l'olive à Montegrosso (juillet), foire du marron à Bocognano (décembre), foire rurale de Niolo à Casamaccioli (septembre).

Bon à savoir


   Haute saison : en juillet et août, les sites les plus populaires sont bondés — Palombaggia, Bonifacio, les calanques de Piana, le GR20. Venez tôt le matin ou choisissez les mois de mai, juin et septembre.

   Réservez les activités : canyoning, plongée, parapente, excursions en bateau — tout se réserve en saison, souvent plusieurs jours à l'avance. Les offices de tourisme tiennent à jour la liste des prestataires agréés.

   Équipement : de bonnes chaussures de marche sont indispensables, même pour les balades côtières. Prévoyez de l'eau en quantité, un chapeau et de la crème solaire — le soleil corse est puissant, surtout en altitude.

   Respectez les sites : la réserve de Scandola interdit la baignade, la pêche et la plongée dans son périmètre. Le bivouac est interdit presque partout sauf sur le GR20 dans les zones dédiées. Les feux sont prohibés du 1er juillet au 30 septembre — et la Corse brûle chaque été.

   Le bon plan : la Corse intérieure — Corte, Castagniccia, Niolo, Alta Rocca — est aussi belle que le littoral, bien moins fréquentée, et gratuite. Les plus beaux panoramas sont souvent au bout d'une route de montagne, pas d'un parking payant.


La Corse est une île que l'on ne finit jamais de découvrir.

Prenez le temps — c'est le plus beau cadeau que vous puissiez lui faire.

Vous avez choisi la CORSE ??
Pour un coup d'essai, c'est un coup de maître.

La CORSE, le maquis, la mer... et VOUS.

Comment venir en Corse